| Pour nourrir la planète |
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Nourrir la planète en bio, cest possible ! En préambule, il est bon de rappeler que si la problématique de la faim dans le monde est liée au ratio entre la population mondiale et les volumes de produits agricoles disponibles, il apparaît encore aujourdhui quun certain nombre de situations de famine ou de mal-nutrition sont aussi issues de contextes politiques et sociaux (et nont rien à voir avec la productivité dun hectare de terre agricole). Toutefois, si nous nous contentons de considérer la capacité « théorique » de lagriculture à nourrir la population humaine, deux contributions récentes ont relevé lintérêt de lagriculture biologique dans ce domaine : - une étude de Brian Halweil, parue dans le numéro de mai-juin 2006 du magazine « Létat de la planète » (version francophone des éditions du Worldwatch Institute), téléchargeable ici ; - un colloque de
En quelques mots, létude de Brian Halweil fait ressortir les points suivants : - une synthèse des résultats de plus de 200 études menées aux Etats-Unis et en Europe montre que les rendements de lagriculture biologique arrivent à 80 % des rendements de lagriculture conventionnelle. Une étude californienne, basée sur 154 saisons de croissance de diverses cultures, aboutit même pour le blé biologique à un rendement équivalent à 97 % de celui du blé conventionnel ; - dans le reste du monde, où vit la majeure partie de lhumanité, « dans les pays les plus pauvres où se concentrent les problèmes de famine, la différence de rendement disparaît complètement ». En effet, une étude anglaise sur plus de 200 projets dans des pays en voie de développement, couvrant près de 30 millions dhectares, montre que le rendement augmente de 93 % lors du passage à lagriculture biologique. Selon Brian Halweil, ces résultats sexpliquent simplement par le fait que sur les sols plus « pauvres », les pratiques de lagriculture biologique contribuent mieux à « maîtriser les effets générateurs de rendement des cycles nutritifs, les insectes bénéfiques et la synergie des cultures » ; - deux études qui ont évalué les conséquences dune conversion planétaire des terres agricoles à lagriculture biologique (lune réalisée par des scientifiques de lUniversité du Michigan, lautre par des économistes, des agronomes et des experts en développement international sous la houlette de lInstitut danois de sciences agricoles) ont des conclusions similaires : les légères pertes de rendement en Europe et en Amérique du Nord seraient très largement compensées par les gains de production dans le reste du monde.
Pour ce qui est du colloque de
- "Lagriculture biologique peut contribuer à la sécurité alimentaire, mais sa capacité à affirmer son rôle dépend en grande partie de lexistence dune véritable volonté politique" ; - "Lagriculture biologique renforce la suffisance nutritionnelle, grâce à une diversification accrue des aliments biologiques, qui sont plus riches en micronutriments" ; - "La sécurité alimentaire est étroitement liée aux politiques agricoles qui déterminent les choix en matière dexportation et dimportation. Lagriculture biologique établit un lien entre les objectifs économiques et les objectifs environnementaux et sociaux, mais sa mise en valeur ne peut se poursuivre si les mêmes règles ne sont pas appliquées à tous, grâce à des interventions appropriées de politique générale" ; - "La sécurité alimentaire nest pas uniquement un sujet de préoccupation pour les pays en développement, car la crise des combustibles fossiles, les changements climatiques et dautres faiblesses de la chaîne alimentaire sont également susceptibles de mettre en danger les zones ne souffrant pas dinsécurité".
Consultez également la tribune de Philippe Desbrosses, parue dans le numéro 67 d'avril-mai 2008 de la Revue Nature & Progrès et intitulée "L'agriculture industrielle peut-elle nourrir le monde ?".
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