Produire en bio

Au delà de l'interdiction de l'utilisation de produits chimiques de synthèse et d'OGM, la conduite d'une ferme bio demande une réelle évolution des pratiques agricoles. Conduire sa ferme en bio demande une précision technique et un sens de l'observation pointu.

Vous trouverez ici des informations plus précises sur la production bio, en élevage laitier (production animale dominante en région), pour les légumes, les grandes cultures et les fruits.

L’Agriculture Biologique est un des 4 signes officiel de qualité (les trois autres sont les AOC, IGP et Certifié Qualité). Il s’agit d’un mode de production encadré par un cahier des charges Européen depuis 1991 en productions végétales et depuis 2000 en productions animales. C’est le seul mode de production où l’ensemble des acteurs de la filière (producteurs, transformateurs et distributeurs) sont contrôlés chaque année. Le coût est à la charge de chacun.

L'écriture du cahier des charges s'est basée sur les objectifs initiaux de produire une nourriture saine et de préserver l’autonomie (technique, décisionnelle, économique) des fermes, auxquels se sont ajoutés des enjeux plus récents en terme d’aménagement du territoire, d’emploi et de préservation de l’environnement.

Les principes fondateurs sont des principes de bon sens, ce sont les bases de l’agronomie : recyclage des matières organiques, rotation des cultures, choix des espèces et des variétés, introduction de légumineuses, alternance de cultures de printemps et de d’hiver, travail du sol, etc...

Il est nécessaire de préciser que l’on entend ici une agronomie « biologique », c’est à dire qui repose sur le cycle immuable où les animaux nourrissent le sol, le sol nourrit les plantes et les plantes nourrissent les animaux. La clef de la réussite en AB est là !
  • Il s’agit de mettre en place un système de production (rotation, choix des espèces, etc...) qui entretienne et développe la fertilité du sol, donc la vie du sol, afin que celui-ci mette à disposition les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin. L’objet n’est donc plus d’apporter des fertilisants solubles dans l’eau mais de développer les pratiques qui permettent une bonne activité du sol et de les compléter le cas échéant par des apports d’origine animale (fumier), végétale (tourteau) ou minérale (sulfate de potasse).
  • Il en est de même pour l’approche phytosanitaire où la maladie et l’infestation des parasites sont considérées comme un déséquilibre (nutritionnel, pédoclimatique, physiologique, etc...). L’objet est donc, en amont, d’éviter de créer les conditions favorables à leur développement par la mise en œuvre d’un système approprié (densité, fertilisation, cycle de cultures, choix des variétés, bien être animal, etc...), dans un environnement approprié qui fait lui aussi partie du système (haies, talus, bandes enherbées, bandes fleuries, etc...). Enfin, si nécessaire, on peut appliquer une protection des cultures mécanique (filets insectproof), thermique (eau chaude), végétale (huile essentielle), animale (lutte biologique) ou minérale (soufre). Concernant le désherbage, outre l’approche système, les procédés sont thermique, mécanique et manuel.