Dominique Navez

IL SAUTE LE PAS DE LA CONVERSION !

Dominique Navez a 47 ans, il est installé depuis 1996 sur une ferme laitière, il a maintenant 80 vaches sur une centaine d’hectares à Solre-le-Château (Avesnois, Thiérache du Nord).
Il a  entamé une conversion en lait bio en février 2016 et devrait commencer à livrer du lait bio au cours de l’automne 2017 à la coopérative Ucanel.

« Je pense à l’agriculture biologique depuis une quinzaine d’années même si à l’époque on en parlait moins et la différence de prix avec le conventionnel rendait l’AB peu attractive. J’ai toujours été sensible à la préservation des prairies et du bocage de l’Avesnois, ce qui m’a conduit à m’engager dans les mesures agri-environnementales avec le Parc Naturel Régional de l’Avesnois. Par ailleurs, j’ai toujours détesté utiliser des produits phytosanitaires par crainte pour ma propre santé, celle de ma famille, de mon salarié et du voisinage.

Aujourd’hui, j’ai 47 ans, je ne souhaite plus m’agrandir, j’ai une forte proportion de prairies naturelles (70%) que je considère comme un atout et qui m’empêche d’intensifier mon système. Dans les conditions actuelles de prix des intrants et du prix du lait conventionnel, il serait aberrant dans ma situation d’augmenter ma production laitière dans l’espoir de maintenir mon revenu. Ma ferme tournait bien jusqu’alors, je n’ai pas de difficulté économique mais mon système trouve aujourd’hui ses limites.

Dans l’Avesnois, il y a beaucoup de bio, plus de la moitié de mes voisins sont déjà en AB. Certains d’entre eux sont en système herbager très économes et efficaces, d’autres cultivent une partie de leur terre (méteil, maïs...). Ils ont ouvert la voie et montré qu’il était possible de faire du lait bio de façon rentable et respectueuse de l’environnement, chacun à leur manière.

En 2014, le GABNOR a enquêté ma ferme dans le cadre d’un diagnostic en partenariat avec ma laiterie (Ucanel) qui recherchait de nouveaux apporteurs de lait bio. Puis un technicien de chambre d’agriculture est également intervenu. J’ai vu qu’on pouvait trouver des renseignements et être suivi au niveau technique et administratif, ça m’a rassuré.
Je suis quelqu’un d’anxieux, ces temps-ci, je ne dors pas bien. La conversion à l’AB est quand même un saut dans l’inconnu, on doit ré-apprendre d’autres techniques.

J’envisageais de commencer ma conversion plus tard mais en 2016 une aide à l’investissement pour du matériel de récolte d’herbe en bio et la baisse du prix conventionnel ont accéléré le processus. J’ai donc entamé une conversion en février 2016. Ce printemps, j’ai semé des mélanges prairiaux et des méteils, ça me rend plein d’espoir pour la suite de ma conversion à l’AB.»