Eau, Bio & Territoires

Vous êtes un élu, un salarié d’une collectivité et souhaitez, pour répondre à vos enjeux de territoire (développement durable, protection de l’eau, de la biodiversité, création d’emploi...), agir au développement de l’agriculture biologique ? Contactez-nous ! Le GABNOR accompagne les collectivités qui souhaitent aujourd’hui favoriser l’agriculture biologique et bénéficier de ses avantages positifs pour l’environnement, l’économie et la cohésion sociale. Nous sommes à l’initiative et animons également le Réseau régional des Territoires Bio pour réfléchir et avancer ensemble.

A l’échelle nationale, le réseau des sites pilotes Eau & Bio, animé par la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), réunit les territoires les plus innovants et engagés dans le développement de l’agriculture biologique principalement – dans un contexte de protection ou de reconquête de la qualité de l’eau. Ce réseau est représentatif de la diversité des systèmes agricoles (grandes cultures, polyculture-élevage, maraîchage, viticulture, etc.), des contextes pédoclimatiques, des échelles géographiques, ainsi que des structures politiques et administratives (communes, intercommunalités, parcs naturels régionaux, syndicats d’eau potable, autres EPCI...). Le Parc naturel régional de l’Avesnois est un membre historique de ce réseau.
En ce début d’année, une étude comparative à été menée par le bureau d’études EPICES, pour proposer un bilan global de  démarches territoriales conduites dans le cadre du réseau, analyser les facteurs de réussite et les limites rencontrées dans les dynamiques locales. Cette approche évaluative vise à comprendre ce qui, dans les résultats observés, relève plutôt des particularités des contextes locaux (acteurs en présence, systèmes agricoles, types de collectivités...), et ce qui renvoie aux stratégies et actions mises en œuvre par les territoires.

Une diversité d’approches territoriales

Les sites du réseau Eau & Bio regroupent une diversité d’approches territoriales dont une majorité de projets qui s’organisent prioritairement autour de la protection de la ressource en eau, mais aussi une partie croissante de projets de développement territorial mettant l’accent sur la Bio et intégrant la question de l’eau. Les projets diffèrent aussi par leur ancienneté (avec des résultats plus ou moins aboutis en fonction des actions mises en œuvre), et leur échelle allant de  quelques hectares (logique de site avec projet de sanctuarisation) à plus de 50 000 ha (grands bassins versants - BV, aires  d’alimentation de captage - AAC, territoires d’agglomérations ou communautés de communes).
Une grande partie des territoires du réseau ont aussi une forte sensibilité aux questions relatives à la ressource alimentation en eau potable (ex. dépendance forte à la ressource dégradée, faible niveau de traitement / interconnexion).
La conception des démarches locales semble le plus souvent initiée par les équipes techniques des territoires, accompagnées par les réseaux Bio et partenaires financiers, mais sans nécessairement un rôle systématique d’élus locaux, même si ces derniers sont plutôt généralement présents. Les acteurs de l’État sont peu présents en général dans l’accompagnement des démarches.

La place centrale de l’agriculture biologique

A la différence des autres démarches sur les captages prioritaires, les sites Eau & Bio réservent une place importante à l’agriculture biologique qui n’est pas abordée comme un volet technique parmi d’autres, mais comme un projet central ou exclusif du territoire (forte lisibilité). Son développement fait l’objet d’une stratégie explicite et d’une ambition annoncée, qui prend souvent forme à l’occasion d’un évènement fondateur sur le territoire (étude stratégique, démarche de concertation, contrat territorial...). Les stratégies locales au service de l’AB mobilisent une diversité de leviers et outils, qui dépassent le champ du conseil technique :

  • Des leviers structurels : maîtrise foncière, structuration de filières AB, installation AB
  • Des approches de recherche et développement au sens large : conseil/diagnostics, MAET optimisées, actions collectives (groupe d’agriculteurs), expérimentation et références spécifiques
  • Des actions de communication et marketing territorial...

Les actions autour de la restauration collective et circuits court sont aussi présentes mais moins prioritaires au fil du temps,
les collectivités locales se tournant de plus en plus vers des démarches globales autour des filières (appui à l’organisation
collective, structuration aval, planification flux, investissements structurants...).

Les stratégies locales observées varient en partie selon les profils des territoires, avec des démarches davantage tournées vers la maîtrise foncière sur les sites de petite taille (gestion patrimoniale dominante), et des démarches plus composites sur  les grands territoires d’eau (AAC, bassins versants). Les territoires des parcs naturels régionaux (PNR) et des EPCI,  abordés sous l’angle du développement territorial, sont parmi ceux qui mobilisent le plus les outils du développement  économique en lien avec les compétences des maîtres d’ouvrages.

Un développement de la bio nettement amplifié

En termes de bilan, on observe tout d’abord un processus de construction de projet (place centrale de l’AB, diversité de leviers mobilisés, ambition claire ...) et d’image territoriale conduisant petit à petit à installer la légitimité et acceptabilité de l’agriculture biologique sur le territoire. Cet engagement assure une réelle crédibilité de la démarche et favorise de ce fait l’adhésion.
Le second résultat marquant est celui de la vitesse de développement de l’AB (% SAU en Bio) avec des dynamiques nettement plus marquées qu’au niveau des départements locaux. En effet, les 3/4 des sites anciens du réseau (avec des résultats observables) connaissent un développement de la Bio nettement plus marqué que la moyenne de leur département. Notons que cette proportion est inférieure à 5 % sur les captages prioritaires nationaux (cf. évaluation ex-post du programme de développement rural hexagonal - PDRH) qui semblent connaître un développement de l’AB comparable ou plus lent que la moyenne départementale dans près de 75% des cas.