La bio change d’échelle : opportunité ou menace ?

Le 14 décembre dernier, les représentants de la FNAB, sa Présidente Stéphanie Pageot, éleveuse en Pays de la Loire, Sylvie Corpart, Présidente de la FRAB Champagne-Ardenne et Julien Adda, Délégué général étaient venus partager le débat avec le réseau Bio des Hauts-de-France.

Depuis le début d’année la bio connaît une croissance exceptionnelle tant au niveau de la consommation que de la production. Malgré cela, beaucoup de produits sont en rupture et les transformateurs et distributeurs sont venus à la rencontre du réseau pour développer des collaborations. Si nous avons appelé cette croissance de nos vœux depuis de nombreuses années, elle attire aussi notre vigilance et soulève un certain nombre de craintes.
Une cinquantaine d’adhérents et salariés du GABNOR et de l’ABP sont venus partager leurs idées et témoignages pour évoluer ensemble dans la construction d’une filière bio dans la logique du projet FNAB que nous portons. Nous avons proposé 3 thèmes de réflexion autour desquels adhérents et salariés ont bâti quelques idées fortes :
Comment développer l’équitabilité dans les échanges du producteur au consommateur ? Définir un prix qui rémunèrerait justement les acteurs de la filière est plus simple à énoncer qu’à mettre en œuvre. Au-delà de la volonté de principe, les producteurs et coopératives présents dans le débat ont mis en avant la nécessité de former les acteurs pour rendre possible le dialogue au sein de la filière (définition du prix de revient et évaluation de la rémunération du travail de production), mais aussi de développer les références technico-économiques, la communication avec les consommateurs, etc. Le réseau n’est pas là pour structurer les filières mais pour développer les outils pour aider les acteurs à dialoguer.

Le réseau doit-il accueillir tous les acteurs ? La réponse est unanime, et au regard du débat qui a déjà eu lieu dans plusieurs régions de France, l’esprit d’ouverture qu’ont appelé de leurs voeux les adhérents présents est le reflet d’une tendance nationale. En effet, ils souhaitent faire connaître la Charte des valeurs de la FNAB : elle invite les acteurs bio dans une démarche de progrès pour que chacun rende plus durable son activité ; le cahier des charges bio s’appuie surtout sur des critères environnementaux mais la charte propose d’aller plus loin socialement, dans l’ancrage dans les territoires, et dans la gestion des énergies.
Cette démarche d’amélioration continue est aussi une idée forte qui est ressortie de l’atelier qui s’interrogeait sur le risque d’une bio à plusieurs vitesses. En effet, l’arrivée du nouveau cahier des charges européen fait craindre une dégradation des exigences de base qui ont amenées les acteurs économiques et les consommateurs vers la bio. Comment se différencier dans le paysage quand les consommateurs se posent déjà des questions ? « Il y a bio et bio » entend-on régulièrement. La confiance que recherchent les citoyens dans ce qu’ils mangent doit être développée, maintenue voire restaurée, la communication est un élément clé et les producteurs notamment doivent ouvrir leurs
fermes pour expliquer ce qu’ils font.
Face à ces enjeux hautement stratégiques le réseau FNAB reste mobilisée.