Fiche ÉlevageFiche technique

Système bovins lait bio : 100 % herbe ou polyculture ?

Le Gabnor a comparée sur les plans économiques et financiers deux groupes de 5 herbagers et 5 polyculteurs bio de l’Avesnois en production laitière.

Depuis 2003, la chambre d’agriculture et le Gabnor collectent chaque année des marges brutes (outil GTE Lait) auprès des éleveurs laitiers volontaires de la région Nord-Pas-de-Calais. Cet outil est un moyen efficace pour produire des références techniques et analyser ses résultats au sein d’un groupe homogène. Cependant, pour prendre du recul par rapport à son système, il est indispensable d’aller au delà de la marge brute et d’intégrer ses charges de structures pour mesurer l’influence du système sur le revenu final.

L’étude réalisée par Camille Roger (Ingénieure ISA Lille) en 2015 repose sur la comparaison de deux panels de fermes biologiques. Le premier représente les éleveurs « herbagers » produisant du lait biologique sur prairies permanentes et sans terres labourables et le second représentant les exploitations biologiques en polyculture-élevage laitier. Ces exploitations sont toutes situées dans l’Avesnois (Thiérache du Nord).

description de l'échantillon des fermes étudiées
Illustration 1: description de l’échantillon des fermes étudiées

Les fermes en polyculture-élevage sont en moyenne plus grande et plus productives (Illustration 1) mais permettent de dégager une rémunération équivalente aux fermes herbagères rapporté à l’hectare, soit environ 950 €/ha (Illustration 2). En effet, les fermes herbagère compensent des produits plus faibles par des charges également plus faibles. Par ailleurs le niveau d’endettement des fermes herbagère est plus faible, les annuités pèsent moins sur l’excédent brut d’exploitation et leur confère un revenu réel à l’hectare supérieur à 644 €/ha contre 554 pour les polyculteurs.

Coûts de production et rémunération permise (€/ha)
Illustration 2 : Coûts de production et rémunération permise (€/ha)

Les éleveurs évoluent généralement dans un cadre contraint (surface totale, surface accessibles aux vaches, qualité des sols…). Ce cadre explique souvent le choix de se tourner vers un système de production ou un autre. Cette étude n’a pas vocation à « donner des leçons ». Cependant, elle tend à démontrer que, lorsque c’est possible à mettre en œuvre, un système herbager est économiquement performant.