Une filière bio pour la betterave sucrière ?

Le projet est ambitieux mais la perspective de création d’une filière régionale de sucre de betterave bio se rapproche. Quelques mots sur ce projet en plein développement.

La betterave à sucre est présente dans la majorité des systèmes de grandes cultures en Hauts de France. Sur la campagne 2015 - 2016, cela représente 198 000 ha de betteraves et plus de 10 000 planteurs. Or, la betterave est l’une des seules cultures non valorisées dans les filières bio, notamment du fait du dimensionnement inadapté des outils de transformation actuels au traitement de plus petits volumes. L’absence de filière bio pour cette production phare de la région est un frein important à l’évolution de l’AB dans les systèmes grandes cultures : frein à la conversion bio et/ou persistance de la mixité dans les fermes. Il s’agit donc d’une filière stratégique pour déverrouiller les conversions dans les régions productrices et faciliter les conversions 100% bio. Fruit d’une réflexion de longue date, le GABNOR a décidé de concrétiser ce projet pour mieux comprendre les freins et surtout mieux saisir les conditions de réussite d’une filière sucre bio. Les actions déployées pour mettre en place cette étude s’articulent autour de trois thématiques. Un groupe de travail national, animé par le Gabnor, a été créé à cette occasion (Fnab, Synabio, Itab, Biopartenaires, groupe ISA Lille, Aprobio...).

Une expérimentation au champ
La betterave sucrière est principalement sensible à la concurrence des adventices du semis à la couverture du sol. Il s’agit d’un des principaux freins techniques à lever pour conduire cette culture en bio. Différents itinéraires techniques seront étudiés et explorés : passages de bineuse, désherbage thermique, repiquage de « paperpot », désherbage « innovant »... L’objectif est d’établir un référentiel économique grâce à un protocole commun élaboré par un groupe de travail constitué de producteurs et techniciens du réseau FNAB. Cela nous permettra notamment d’avoir une connaissance du coût de production de la betterave sucrière en bio. Les essais 2017 auront lieu dans différentes régions partenaires du projet : Normandie (2 producteurs), Hauts-de-France (2 producteurs) et Ile-de-France (1 producteur).

Etude de faisabilité d’une filière sucre bio
La majorité des entreprises agroalimentaires françaises s’approvisionnent en sucre de canne bio (principalement d’Amérique du Sud), et elles sont nombreuses à s’intéresser à la relocalisation de leurs approvisionnements. L’objectif de cette étude est de mesurer les marges de manœuvres des entreprises utilisatrices (B to B) de sucre bio (principalement issu de canne bio), pour substituer leur sucre actuel par du sucre issu de betterave sucrière biologique. Cette partie sera réalisée en deux étapes, via un sondage (mis en ligne depuis fin janvier) et des entretiens individuels. La même enquête sera menée auprès des consommateurs (B to C) en partenariat avec l’Institut Supérieur d’Agriculture (ISA) de Lille, afin d’explorer les voies de valorisation sur le marché du sucre de table. L’analyse de ces résultats permettra d’aiguiller l’axe de recherche sur des nouveaux procédés de transformations plus accessibles et mieux adaptés à la transformation de petits volumes.

Recherche sur des nouveaux procédés de transformations
Avec une meilleure connaissance du marché il sera possible de penser un procédé de transformation adapté à la betterave sucrière biologique. Cette réflexion s’inscrit dans la recherche de process économes et accessibles, dont le but est d’explorer la possibilité de transformer de petits volumes via des unités « artisanales ». Il s’agit également d’explorer toutes les voies possibles de valorisation d’une betterave sucrière. Cet axe sera mené en partenariat avec l’ISA de Lille pour rechercher des méthodes d’extraction dites « alternatives ».

Si vous souhaitez en savoir plus, ou prendre part d’une façon ou d’une autre à cette réflexion, n’hésitez pas à contacter Loïc Tridon (tél. : 03.20.32.25.35 / loic.tridon@gabnor.org).