Xavier VICART

LA DIVERSITÉ D’ACTIVITÉS AU CŒUR DU PROJET BIO
Xavier VICART, polyculteur dans la Somme, est engagé depuis 2012 dans une conversion progressive de son exploitation en agriculture biologique. La diversité d’activités est au coeur de son projet bio.

«J’ai été agriculteur conventionnel durant près de 30 ans, depuis 1987. Entre 2012 et 2016, nous avons progressivement engagé en agriculture biologique les 190 hectares de l’exploitation.

C’est une ferme en polyculture céréales, produisant des pommes de terre sur 25 ha, des carottes sur 4 ha, de la betterave rouge sur 4 ha et des prairies temporaires. Nous avons un atelier maraîchage diversifié de 25 à 30 légumes sur 2 ha, avec une serre de 600m2 pour les tomates, aubergines, poivrons et un peu de fraise. Nous avons également un petit verger et un parc à fruits rouges. En 2016, un élevage de 35 mères vaches allaitantes va être constitué. Nous avons un employé depuis 2014 qui va me seconder sur cette partie. Pour les légumes, nous faisons aussi appel à un employé saisonnier et à des étudiants pour le désherbage manuel sur 3 semaines en été.

Nous vendons nos productions de légumes et de fruits au magasin à la ferme, à l’AMAP de Saint-Riquier et sur les marchés d’Abbeville et de Saint-Valéry-sur-Somme. Pour la commercialisation, il y a beaucoup moins de problèmes en bio qu’en conventionnel… Pour les légumes la demande est forte, et en maraîchage aussi. Nous diversifions un peu tous les ans… mais il manque encore de l’humain ! Nous avons d’autres projets de diversification à venir, notamment par mes deux fils qui veulent s’installer sur la ferme. Nous souhaitons développer le magasin à la ferme avec nos légumes maraichers, nos fruits rouges, bientôt notre viande en caissette, le pain de notre fils et aussi les fromages de chèvre de notre voisin bio Xavier Philippe.

Quand on s’est lancé en maraîchage, on s’est beaucoup investi. Et le légume ce n’est pas facile !
Heureusement, sur l’aspect technique on a un très bon conseiller à l’ABP. Pour les légumes de plein champ, nous avions de gros besoins d’accompagnement pour notre première année. Maintenant, plus confiants, nous sommes autonomes pour les années à venir.

En conventionnel j’avais déjà des pratiques de réduction des doses et beaucoup de technicité.  J’ai aussi attrapé un cancer et cela a contribué au passage en 100% bio. C’est certain, je ne retournerai plus en arrière, c’est une autre philosophie. Mes enfants étaient un peu sceptiques au début, mais maintenant je les ai convertis aussi… en leur prouvant que ça peut marcher ! »